Etre à la vitesse juste.

 

Les limitations de vitesse généralisées sont des plafonds hauts, au-delà desquels il est interdit de rouler. Ce n'est pas la vitesse à laquelle nous devons circuler.

Est-il nécessaire d'abaisser ces plafonds de vitesses maximum autorisées ?

Ne serait-il pas plus judicieux d'amener le conducteur à savoir estimer sa vitesse adaptée à CHAQUE situation.

 

Car pour être certain que la vitesse à l'instant T est opportune, de nombreux paramètres doivent être pris en compte par le conducteur :

 

  • la fluidité de la circulation

  • le type de véhicule conduit, et son état (ancienneté, entretien, usure des pneus...)

  • l'expérience du conducteur, et son état (de fatigue, de stress, de santé, de son envie de conduire, de sa disponibilité, de ses soucis...)

  • les conditions météorologiques

  • l'état de la chaussée

  • la visibilité

 

C'est en fonction de tous ces paramètres que le conducteur expérimenté et attentif adoptera la bonne vitesse et pourra faire face à une situation donnée.

En clair, le danger n'est pas de rouler vite, mais de rouler trop vite !

Souvent, le conducteur surestime les capacités d'adhérence de son véhicule, notamment sur des routes glissantes (voir à ce propos le blog "adhérence"). Parfois, il surestime aussi ses propres facultés. Il pense pouvoir réagir en 1/10 ème de seconde, alors que dans les starting-blocks, les coureurs de 100 m ont besoin de presque 2/10 ème de seconde pour réagir aux ordres du starter. (17/100 ème exactement pour les meilleurs).

Prenant l'exemple d'un conducteur qui, en ville, roule à la vitesse autorisée de 47 km/h.

Il perçoit un enfant sur le trottoir. Il est calme et le conducteur reste sur une position de confiance envers cet enfant. Pourtant, un indice aurait du l'inquiéter. Une voiture vient de s'arrêter en sens inverse et sa conductrice interpelle son enfant. Que peut-il se passer dans les 2 secondes qui suivent ?

L'enfant court vers sa mère et traverse la rue, il est alors à 17 m de la voiture de notre conducteur.

temps de réaction = 13 m

temps de réaction = 10 m

distance de freinage = 10,6 m

distance de freinage = 6,25 m

Le temps de réaction est estimé à 1 seconde.

La chaussée est sèche, son coefficient d'adhérence est de 8.

La voiture qui roulait à 47 km/h percute l'enfant alors qu'elle est à 6,60 m de son arrêt.

Elle le percute à 37 km/h

Si l'analyse du conducteur avait été correcte, il aurait ralentit avant même la décision de l'enfant.

En ramenant sa vitesse de 47 à 36 km/h, l'accident était évité.

une voiture roule à 36 km/h et un enfant traverse 17 m devant

une voiture roule à 47 km/h et un enfant traverse 17 m devant

distance d'arrêt = 23,6 m

distance d'arrêt =16,25 m

Cette situation est naturellement donnée pour l'exemple.

Il faut comprendre que quelques kilomètres / heure de plus ou de moins peuvent profondement changer une situation à risques.

Lorsque l'on double la vitesse, la distance de freinage est multipliée par 4

Si on triple la vitesse, la distance de freinage est multipliée par 9...

Si tous les paramètres énumérés plus haut sont (bien) pris en compte, la vitesse sera alors adaptée à toutes situations.

mars 2019- CASERE - Conseils et analyses pour la sécurité routière en entreprises