Etre attentif et concentré.

Dans la vie de tous les jours, les scientifiques estiment que nous sommes capables de gérer environ 2.500 informations par heure. Notre cerveau a été conçu pour cela et lors d’une activité intellectuelle intense, il s’approche de ce nombre.

 

Lorsque nous conduisons, la vision capte environ 1 information par seconde. Il s’agit d’une information exploitable. 

Par exemple, je vois un enfant qui traverse.

Je perçois aussi ses vêtements, s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon, son âge approximatif, mais cela correspond à une seule information que mon cerveau va exploiter : Un enfant traverse.

 

C’est très peu.

En effet, rappelons-nous qu’à 50 Km/h, nous parcourons 14 mètres par seconde. Cela veut dire qu’en percevant une information exploitable par seconde, nous percevons 1 information exploitable tous les 14 mètres en ville, à 50 Km/h.

Et donc 1 information tous les 25 m à 90

Et 1 information tous les 36 m à 130.

 

C’est beaucoup.

Restons dans notre problème des informations reçues.

Si notre cerveau reçoit 1 information exploitable par seconde, il doit donc en exploiter ...3.600 par heures ! (1 heure comporte 3.600 secondes)

Or, nous avons vu qu’il a été conçu pour en traiter 2.500

 

Conduire est une activité à part entière.

Mais nous avons banalisé cet acte. Parce que nous conduisons souvent, parfois depuis très longtemps, et qu’il nous semble qu’un certain automatisme suffit pour se déplacer en sécurité.

Nous avons tous connu ce phénomène : Ne plus se rappeler être passé à un endroit. Cette étrange impression d’absence que nous avons eue durant la conduite et nous en arrivons même à nous demander si nous n’avons pas grillé un feu rouge parce que décidément, nous ne nous rappelons plus de rien sur le temps que nous venons de passer à conduire.

Je prends souvent cet exemple : Je n’ai jamais vu un commandant de bord arriver en courant sur la passerelle quelques secondes avant le décollage de son avion.

Il est présent 1 heure avant, effectue une “check-list” détaillée et en bout de piste de décollage, lorsque la tour de contrôle lui autorise l’envol signifiant un espace dégagé, je ne pense pas qu’il raconte son dernier week-end avec le co-pilote. Ils sont concentrés à l’extrême prêt à parer à toute éventualité qui a été imaginée auparavant et à laquelle va correspondre une procédure adaptée et sur laquelle les hommes sont entraînés.

Et ils sont deux. Avec chacun des commandes.

 

Et nous, conducteurs de véhicules ?

  • Avons-nous fait notre “check-list” ?

  • Sommes-nous concentrés ?

  • Avons-nous été entrainés à appliquer une procédure adaptée ?

  • Avons-nous une tour de contrôle qui surveille l’environnement?

  • Avons-nous un co-pilote avec des doubles commandes ?

Non.

Nous discutons avec notre voisin

Nous écoutons la radio et changeons de station

Ou nous mettons un nouveau CD

Nous téléphonons.....

Nous rêvons...sans prendre conscience de l’activité nouvelle, autre, différente, que notre cerveau est en train d’accomplir.

 

Conduire est une activité à part entière, fatigante, qui demande un maximum de concentration et d’attention.

 

Il vaut mieux avoir de la réflexion que des réflexes.

En effet, c’est en amont d’une situation de risque que l’accident sera évité. Et non pas dans l’urgence d’une situation que nous n’aurons pas imaginée. L’effet de surprise se traduira par “un réflexe” dans la majorité des cas inadapté à la situation (très souvent, un coup de volant qui, au-delà de 50 Km/h se traduit par une sortie de route, une perte de contrôle du véhicule, un tonneau).

Mais pour analyser correctement, le cerveau a besoin d’être disponible.

 

Il faut rendre le cerveau disponible pour la conduite.

Pour cela, il faut le dépolluer de toutes les actions qui n’ont pas un lien direct avec la conduite et que le conducteur effectue pour combattre l’ennui.

Car le conducteur s’ennuie. Le conducteur s’ennuie sur autoroute à 130.

Comment peut-on s’ennuyer à 36 m par seconde ?

Imaginez 1/10 ème de seconde. C’est un claquement de doigts. Pendant ce dixième de seconde, vous parcourez 3,6 m 

 

Attentif, jusqu’au bout.

Parce que la majorité des petits sinistres interviennent lorsque le conducteur relâche complètement son attention. Dans un lieu qu’il connaît bien, en manoeuvrant, son travail de conduite terminé. L’attention doit rester extrême tant que le moteur tourne, car un “petit sinistre” peut très vite basculer sur une catastrophe, un drame.

mars 2019- CASERE - Conseils et analyses pour la sécurité routière en entreprises